39 semaines de grossesse (41 SA) : la semaine du terme

La 39e semaine de grossesse correspond à 41 SA, le terme théorique français. La surveillance se resserre, sans que rien ne devienne urgent pour autant.

Mis à jour le 10 septembre 2026

39 semaines de grossesse = 41 SA : c'est le terme théorique retenu en France, celui qui figure sur votre dossier comme date prévue d'accouchement. Vous n'êtes pas en retard : la grossesse reste à terme jusqu'à 41 SA + 6 jours. À partir de ce jour, la surveillance devient rapprochée et un déclenchement sera programmé avant 42 SA.

Pourquoi le terme est fixé à 41 SA

La durée moyenne d'une grossesse est d'environ 280 à 287 jours à partir du premier jour des dernières règles. Les pays anglo-saxons retiennent 40 SA comme date prévue d'accouchement, la France retient 41 SA. Cette différence explique une bonne partie des confusions : une application américaine peut vous annoncer « terme dépassé » alors que votre maternité vous considère pile à terme. La méthode de calcul et la marge d'incertitude sont détaillées sur Calcul du terme de grossesse : 41 SA expliquées.

RepèreValeur
Semaines d'aménorrhée41 SA
Semaines de grossesse39 SG
Mois9e mois (38 à 41 SA)
Trimestre3e
StatutTerme atteint, grossesse encore à terme jusqu'à 41 SA + 6 j
Limite de prise en chargeDéclenchement avant 42 SA

La semaine précédente est décrite sur 38 semaines de grossesse (40 SA), la suivante sur 40 semaines de grossesse (42 SA), et l'ensemble du mois sur le 9e mois. Le calendrier semaine par semaine permet de revenir sur n'importe quelle étape.

Le bébé à 41 SA

Il mesure environ 49 à 53 cm et pèse le plus souvent 3,1 à 3,8 kg. Il n'a plus rien à construire : les organes sont fonctionnels, les réflexes de succion et de déglutition sont coordonnés, la thermorégulation est prête. Ce qu'il gagne désormais, c'est du poids et des réserves.

Trois évolutions méritent d'être connues, parce que ce sont elles que l'équipe surveille à partir de maintenant :

  • Le liquide amniotique diminue progressivement après le terme. Sa quantité est mesurée à l'échographie et fait partie des critères qui font avancer ou non un déclenchement.
  • Le placenta transporte un peu moins bien l'oxygène et les nutriments avec le temps. Ce vieillissement est lent et le plus souvent sans conséquence, mais il justifie la surveillance du rythme cardiaque fœtal.
  • La croissance se poursuit. Un bébé plus gros n'est pas dangereux en soi ; il est simplement un des éléments pris en compte pour discuter les modalités de l'accouchement.

La peau peut se dessécher et peler légèrement à la naissance, le vernix ayant presque disparu : c'est un aspect classique des bébés nés au terme ou après, sans aucune gravité.

Ce qui déclenche réellement le travail

Le déclenchement spontané du travail résulte d'une cascade hormonale à laquelle participent le bébé lui-même, le placenta et l'utérus. La maturation du col précède l'installation des contractions efficaces, et c'est elle qui explique pourquoi deux femmes ayant le même nombre de semaines peuvent être dans des situations très différentes : l'une avec un col long et fermé, l'autre déjà dilatée à deux centimètres sans rien ressentir.

Ce mécanisme n'est pas modifiable de l'extérieur. Ni la pleine lune, ni un plat épicé, ni un long trajet en voiture n'ont d'effet démontré. Ce qui est établi, en revanche, c'est que la parité compte : à partir du deuxième enfant, l'entrée en travail est en moyenne plus précoce et le travail plus court. Le sexe du bébé et sa taille ne modifient pas la date d'entrée en travail.

Votre corps et votre moral

Physiquement, peu de nouveauté par rapport à la semaine précédente : pesanteur pelvienne, sommeil haché, contractions irrégulières, remontées acides, envie fréquente d'uriner, parfois des douleurs vives et fugaces dans le périnée quand la tête appuie sur un nerf.

Le poids de l'attente est souvent plus lourd que le poids du ventre. La date annoncée est passée, le téléphone sonne, l'entourage demande. Deux repères aident : cette date n'a jamais été une échéance, seulement une estimation à partir d'une moyenne ; et la prise en charge est déjà organisée, avec une limite claire fixée à 42 SA. Rien n'est laissé au hasard.

Ce que devient l'organisation pratique

Passé le terme, plusieurs choses se décalent en même temps : les rendez-vous deviennent plus fréquents, l'entourage s'impatiente, et le congé maternité prénatal, commencé six semaines avant la date prévue pour un premier ou deuxième enfant, est désormais entièrement consommé. Les jours passés au-delà de la date prévue ne sont pas perdus : la durée du congé postnatal reste garantie, le report se fait sur la période après la naissance.

Concrètement, gardez à portée de main le dossier de maternité, les résultats du prélèvement de streptocoque B et la carte de groupe sanguin, puisque le prochain déplacement peut être le bon. Si un déclenchement est programmé, demandez à quelle heure vous devez vous présenter, à jeun ou non, et si l'accompagnant peut rester pendant la phase de maturation : les protocoles varient d'une maternité à l'autre et la réponse change l'organisation de la journée.

La surveillance à partir de 41 SA

Dès le terme atteint, un suivi rapproché se met en place, en général tous les deux à trois jours, en consultation de terme ou aux urgences obstétricales. Il comporte :

  1. Un enregistrement du rythme cardiaque fœtal Le monitoring dure vingt à trente minutes et vérifie que le cœur du bébé réagit normalement, notamment lors des mouvements.
  2. Une échographie ou une mesure du liquide amniotique Une quantité insuffisante fait avancer la date du déclenchement.
  3. Un examen du col Le score de Bishop combine dilatation, effacement, consistance, position du col et hauteur de la présentation. Il détermine si le col est mûr, donc si un déclenchement simple est possible ou s'il faut d'abord une maturation. Voir Col de l'utérus : dilatation et effacement.
  4. Une proposition de décollement des membranes Geste réalisé au doigt pendant un toucher vaginal, un peu douloureux, qui augmente les chances d'entrée spontanée en travail dans les jours suivants et réduit le recours au déclenchement. Il n'est pas obligatoire.
  5. La programmation d'une date Le déclenchement est planifié pour intervenir avant 42 SA, plus tôt en cas d'anomalie de la surveillance, de diabète, d'hypertension ou de bébé dont la croissance ralentit.

Les modalités concrètes, du gel de prostaglandines au ballonnet et à l'ocytocine, sont décrites sur Déclenchement de l'accouchement ; la conduite à tenir au-delà du terme sur Dépassement de terme.

Les questions à poser lors de la consultation de terme

  • Sur quelle datation mon terme est-il fixé ? Échographie du premier trimestre ou dernières règles : la réponse conditionne la fiabilité de la date.
  • Quel est l'état de mon col aujourd'hui ? Un col mûr permet un déclenchement simple ; un col défavorable implique une phase de maturation plus longue.
  • À quelle date le déclenchement est-il prévu si rien ne se passe ? Elle doit être connue et notée, avec le lieu et l'heure de présentation.
  • Quels signes doivent me faire revenir avant ce rendez-vous ? Les critères doivent être explicites, en particulier ceux qui concernent les mouvements du bébé.
  • Un décollement des membranes m'est-il proposé, et qu'est-ce que cela change ? Le geste est facultatif, un peu inconfortable, et il peut être refusé.

Ces cinq réponses tiennent en quelques minutes et évitent l'essentiel des inquiétudes des jours suivants.

Consultez sans attendre en cas de diminution ou d'absence des mouvements du bébé, de perte de liquide clair, teinté de vert ou sanglant, de saignement, de fièvre, de contractions douloureuses régulières, de maux de tête intenses avec troubles visuels ou douleur en barre au-dessus du nombril. À ce stade de la grossesse, une baisse des mouvements est le signe qui doit faire partir le plus vite : elle s'évalue par un monitoring, jamais par téléphone.

Questions fréquentes

Je dépasse ma date prévue, est-ce inquiétant ?

Non. Dépasser la date prévue d'accouchement est fréquent, en particulier pour un premier enfant, et ne signifie rien sur le déroulement de la naissance. Ce qui compte est la surveillance mise en place à partir de 41 SA, et le fait que la grossesse ne sera pas laissée au-delà de 42 SA.

Existe-t-il des méthodes naturelles pour déclencher le travail ?

Aucune n'a démontré d'efficacité fiable. La marche, les rapports sexuels et la stimulation des mamelons sont sans danger sur une grossesse normale et peuvent aider un col déjà mûr. Les dattes font l'objet de travaux aux résultats modestes et discutés. L'huile de ricin, l'homéopathie déclenchante et les tisanes réputées utérotoniques ne sont pas recommandées.

Le déclenchement augmente-t-il le risque de césarienne ?

Les données disponibles sur le déclenchement au terme ou peu après ne montrent pas d'augmentation du taux de césarienne par rapport à l'attente, et l'issue pour le nouveau-né est au moins aussi bonne. Le déroulement dépend surtout de la maturité du col au moment du geste.

Que se passe-t-il si mon terme a été mal daté ?

La date de référence est celle établie par l'échographie du premier trimestre, plus fiable que le calcul à partir des dernières règles, surtout en cas de cycles irréguliers. Si vous avez des doutes, demandez sur quelle datation votre terme a été fixé : c'est cette date qui déclenche toute la surveillance.

Sources : HAS, recommandations sur le déclenchement artificiel du travail à partir de 37 semaines d'aménorrhée ; CNGOF, recommandations pour la pratique clinique sur la grossesse prolongée et le terme dépassé ; Assurance Maladie (ameli.fr), fin de grossesse et accouchement ; Santé publique France.