4 semaines de grossesse (6 SA) : premier battement visible

L'embryon atteint quelques millimètres et son cœur devient visible à l'échographie. Le premier mois s'achève, les nausées s'installent.

Mis à jour le 10 septembre 2026

4 semaines de grossesse (4 SG) valent 6 SA : dernière semaine du 1er mois, toujours au premier trimestre, à 35 semaines du terme de 41 SA. L'activité cardiaque de l'embryon devient repérable à l'échographie endovaginale à partir de maintenant.

Où en êtes-vous à 6 SA

RepèreCette semaine
Semaines de grossesse (SG)4 SG
Semaines d'aménorrhée (SA)6 SA
Mois de grossesseFin du 1er mois
TrimestrePremier
Semaines restantes avant 41 SA35
Longueur cranio-caudale2 à 5 mm
Poids estiméMoins de 1 g, non mesurable

Le 1er mois de grossesse se termine avec cette semaine ; le deuxième commencera à 7 SA. Par rapport à la semaine 3, à 5 SA, l'embryon a doublé ou triplé de longueur, et il change surtout d'aspect : il se courbe en virgule, avec une extrémité céphalique déjà nettement plus grosse que le reste.

Le bébé cette semaine : un embryon de 2 à 5 millimètres

La longueur cranio-caudale, mesurée du sommet du crâne au coccyx, passe de 2 à environ 5 mm au fil de la semaine. À l'échographie endovaginale, le sac gestationnel mesure 10 à 15 mm et contient une vésicule vitelline, petit anneau clair qui nourrit l'embryon avant la mise en route du placenta. L'embryon lui-même apparaît comme un épaississement de quelques millimètres, animé d'un battement rapide.

  • Le cœur, encore un simple tube plié, bat entre 100 et 130 battements par minute cette semaine, puis accélérera jusqu'à environ 170 vers 9 SA.
  • Les bourgeons des membres apparaissent sous forme de petites palettes latérales.
  • Les arcs branchiaux du cou dessinent les futures structures de la face, de la mâchoire et de l'oreille.
  • Les ébauches du foie, des poumons, de l'estomac et des reins se mettent en place.

La visibilité de l'activité cardiaque dépend fortement de la datation réelle : à 6 SA, elle est absente dans un nombre non négligeable de grossesses parfaitement évolutives, notamment après une ovulation tardive. Un contrôle à dix jours est alors la conduite habituelle, plutôt qu'une conclusion immédiate. Ce point est développé sur l'échographie de datation précoce.

Votre corps : la semaine où les nausées s'installent

Les nausées de grossesse concernent environ une femme sur deux à trois et débutent le plus souvent entre 5 et 7 SA. Contrairement à leur réputation, elles ne se limitent pas au matin : beaucoup les décrivent en fin de journée ou déclenchées par une odeur précise. Fractionner les repas, manger quelque chose avant de se lever, écarter les aliments gras et les odeurs fortes réduisent l'inconfort ; des pistes concrètes sont réunies sur quoi manger quand on a des nausées.

Le sommeil se dégrade souvent alors même que la fatigue augmente : réveils nocturnes pour uriner, endormissement précoce puis insomnie de milieu de nuit, rêves marquants. Se coucher plus tôt, réduire les écrans en soirée et accepter une sieste courte quand c'est possible valent mieux que toute aide médicamenteuse, à écarter à ce stade sans avis.

Les seins continuent de gonfler et deviennent parfois franchement douloureux : le volume peut augmenter d'une taille dès ce stade, et un soutien-gorge sans armature adapté est l'un des rares achats vraiment utiles au premier trimestre. S'y ajoutent une somnolence difficile à combattre, des envies fréquentes d'uriner liées à l'action de la progestérone sur la vessie, une salivation augmentée et des ballonnements. Les pertes blanches restent abondantes et claires.

À faire cette semaine

  • Caler la première consultation prénatale si ce n'est pas fait : elle est utile entre 6 et 10 SA et déclenche les premières prises de sang obligatoires (ce qui s'y passe).
  • Poursuivre l'acide folique à 0,4 mg par jour jusqu'à 12 SA.
  • Adapter l'alimentation : viande bien cuite, pas de lait cru ni de fromage à pâte molle au lait cru, légumes soigneusement lavés, pas plus de 200 mg de caféine par jour.
  • Prévoir le trajet et les horaires : la fatigue de cette période est réelle et se gère mieux en réaménageant les journées qu'en tenant coûte que coûte.
  • Noter vos questions au fil des jours : la première consultation dure rarement plus de trente minutes et la liste évite les oublis.
  • Se renseigner sur les maternités du secteur : dans les grandes villes, l'inscription se fait parfois dès le premier trimestre, et le niveau de la maternité (1, 2 ou 3) dépend du type de suivi nécessaire, non du confort.
  • Éviter l'exposition à la chaleur intense, sauna, hammam et bains très chauds, ainsi que les produits ménagers et cosmétiques dont la composition est incertaine pendant la phase d'organogenèse.

Travailler enceinte pendant le premier trimestre

La fatigue et les nausées de 6 SA arrivent à un moment où la grossesse n'est presque jamais annoncée au travail, ce qui rend la période difficile à tenir. Aucun texte n'impose de date pour prévenir l'employeur : la déclaration se fait quand vous le décidez, par tout moyen, et c'est elle qui ouvre les protections prévues par le code du travail, notamment la protection contre le licenciement, les autorisations d'absence rémunérées pour les examens prénataux obligatoires et l'aménagement du poste.

Trois situations justifient de ne pas attendre : un poste exposé à des produits chimiques, aux rayonnements ionisants ou à un agent biologique ; le travail de nuit, pour lequel un reclassement de jour peut être demandé ; le port de charges lourdes ou la station debout prolongée. Dans ces cas, le médecin du travail peut être saisi directement et il est tenu au secret vis-à-vis de l'employeur sur le motif médical. Les droits applicables sont détaillés sur les droits de la femme enceinte au travail.

Si l'état de santé ne permet pas de continuer, un arrêt de travail classique est possible dès le premier trimestre, prescrit par le médecin traitant ou la sage-femme ; le congé pathologique prénatal, lui, est un dispositif distinct de quatorze jours maximum qui s'utilise avant le congé maternité. Les vomissements sévères sont l'un des motifs les plus fréquents d'arrêt en début de grossesse et ne relèvent pas d'un manque de volonté.

Ce que devient le risque de fausse couche à ce stade

Une fois l'activité cardiaque constatée à l'échographie, le risque d'arrêt spontané chute nettement ; c'est l'un des rares repères objectifs de cette période, plus utile que l'intensité des symptômes ou l'aspect d'un test.

Le premier trimestre concentre l'essentiel des arrêts spontanés, dont la cause dominante est une anomalie chromosomique survenue à la fécondation. Le risque diminue nettement à mesure que la grossesse avance et surtout une fois l'activité cardiaque constatée. Des saignements légers ne signifient pas systématiquement une fausse couche précoce : ils peuvent venir du col, plus fragile et vascularisé, ou d'un petit décollement qui se résorbera. Ils justifient malgré tout un avis, ne serait-ce que pour situer la grossesse dans l'utérus. La semaine suivante, la semaine 5 à 7 SA, ouvre le deuxième mois, et le calendrier semaine par semaine en donne la suite.

Consultez sans attendre devant une douleur pelvienne vive ou latéralisée, un saignement rouge abondant avec caillots, un malaise, une douleur à l'épaule ou une fièvre supérieure à 38 °C. Des vomissements incoercibles empêchant toute alimentation et boisson pendant plus de 24 heures, avec perte de poids, imposent également une consultation : c'est le tableau d'une hyperémèse gravidique, qui se traite.

Questions fréquentes

À partir de quand voit-on le cœur battre ?

Par voie endovaginale, l'activité cardiaque est habituellement visible entre 6 et 7 SA, quand l'embryon dépasse 5 mm. Par voie abdominale, il faut souvent attendre 7 à 8 SA. Une absence de battement à 6 SA se contrôle à distance avant toute conclusion.

Les nausées sont-elles un bon signe ?

Elles témoignent d'une imprégnation hormonale, et les études retrouvent une association statistique avec une évolution favorable. Ce n'est pas un critère individuel : de nombreuses grossesses sans aucune nausée se déroulent parfaitement.

Peut-on prendre du paracétamol à 6 SA ?

Oui, le paracétamol reste l'antalgique et l'antipyrétique de référence pendant toute la grossesse, à la dose minimale efficace et sur la durée la plus courte. Les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène sont à écarter, formellement dès 24 SA.

Le ventre peut-il déjà s'arrondir ?

Ce que l'on voit à 6 SA vient des ballonnements et du ralentissement du transit, pas de l'utérus, qui a encore la taille d'une mandarine. Les vêtements serrent parfois à la taille, sans qu'il s'agisse d'une croissance utérine visible.

Sources : Haute Autorité de santé, suivi et orientation des femmes enceintes ; CNGOF, échographie du premier trimestre et fausse couche précoce ; Assurance Maladie (ameli.fr), consultations prénatales ; ANSES ; CRAT.