40 semaines de grossesse (42 SA) : au-delà du terme

40 semaines de grossesse révolues, soit 42 SA : la limite française. À ce stade, la naissance est organisée plutôt qu'attendue, et la surveillance est quotidienne.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Vérifiez d'abord votre unité de compte. Si votre maternité vous a dit « 40 semaines », elle parle de 40 SA, soit la 38e semaine de grossesse : la page correspondante est 38 semaines de grossesse (40 SA). Cette page-ci décrit 40 semaines de grossesse révolues, soit 42 SA, c'est-à-dire une semaine après le terme théorique français.

SA, SG et la confusion de la 40e semaine

Le calcul français part du premier jour des dernières règles : ce sont les semaines d'aménorrhée (SA). La conception ayant lieu environ deux semaines plus tard, les semaines de grossesse (SG) sont toujours en retard de deux sur les SA. Ce calendrier numérote ses pages en SG, les maternités parlent en SA, et le chiffre 40 tombe pile à l'endroit où les deux systèmes sont le plus souvent confondus. Le repère à retenir : le terme est à 41 SA, soit 39 SG. La logique du comptage est expliquée sur Semaines d'aménorrhée (SA) : comprendre le calcul et l'ensemble des correspondances sur le calendrier semaine par semaine.

RepèreValeur
Semaines d'aménorrhée42 SA
Semaines de grossesse40 SG
MoisAu-delà du 9e mois (38 à 41 SA)
Trimestre3e
StatutTerme dépassé, grossesse dite prolongée
Conduite en FranceNaissance organisée avant ce stade dans la quasi-totalité des cas

La semaine du terme est décrite sur 39 semaines de grossesse (41 SA), la dernière page du calendrier sur 41 semaines de grossesse (43 SA), et la période complète sur le 9e mois.

Ce que veut dire « terme dépassé »

On parle de grossesse prolongée à partir de 41 SA et de terme dépassé à partir de 42 SA. En pratique, très peu de femmes atteignent réellement 42 SA en France : la surveillance commencée à 41 SA aboutit à une entrée spontanée en travail ou à un déclenchement programmé dans l'intervalle. Une grossesse qui atteint 42 SA correspond donc le plus souvent à l'une de ces trois situations : une datation incertaine, un refus ou un report de déclenchement décidé avec l'équipe, ou une organisation retardée.

Le sujet n'a rien de dramatique, mais il n'est pas neutre : au-delà du terme, le risque de complications pour le bébé augmente lentement et régulièrement, ce qui justifie de ne pas laisser la grossesse se prolonger indéfiniment. C'est exactement le raisonnement derrière la limite française. Le détail des risques et de leur ampleur réelle figure sur Dépassement de terme.

Pourquoi la grossesse n'est pas prolongée davantage

Trois mécanismes expliquent la limite. Le placenta, organe temporaire, transporte progressivement moins bien l'oxygène et les nutriments à mesure que la grossesse se prolonge. Le liquide amniotique décroît, ce qui expose davantage le cordon à la compression pendant les contractions. Enfin, le bébé continue de grandir, ce qui peut compliquer le passage lors de l'accouchement.

Aucun de ces trois phénomènes ne survient brutalement à un jour donné : ils progressent lentement, et c'est précisément pour cette raison qu'une limite a été fixée par convention plutôt que par un signal d'alarme. La conduite française consiste donc à surveiller étroitement à partir de 41 SA et à organiser la naissance avant 42 SA, ce qui laisse une à deux semaines pour un travail spontané tout en restant du bon côté de la courbe.

Le bébé à 42 SA

Il mesure environ 50 à 54 cm et pèse le plus souvent 3,2 à 4,0 kg. Deux aspects distinguent les nouveau-nés au-delà du terme :

  • La peau a perdu son vernix protecteur : elle est souvent sèche, plissée aux mains et aux pieds, et pèle pendant les premiers jours. Les ongles sont longs, les cheveux fournis.
  • Les réserves de graisse peuvent commencer à être utilisées si le placenta transporte moins bien les nutriments, donnant un aspect plus maigre malgré une taille importante. C'est l'une des raisons de la surveillance échographique.

Le liquide amniotique diminue et le risque d'émission de méconium avant la naissance augmente, ce qui explique la vigilance sur la couleur du liquide en cas de rupture des membranes. Les repères sur les quantités et leur mesure sont sur Trop ou pas assez de liquide amniotique.

Ce qui est proposé à ce stade

  1. Une surveillance rapprochée, souvent quotidienne Monitoring du rythme cardiaque fœtal et évaluation de la quantité de liquide amniotique. L'équipe cherche des signes de bonne tolérance du bébé, pas une anomalie qu'elle redouterait.
  2. La vérification de la datation Si le terme repose sur des dernières règles incertaines et non sur une échographie précoce, la date réelle peut être décalée de plusieurs jours. Voir Échographie de datation précoce.
  3. Le déclenchement Selon la maturité du col, il commence par une maturation (prostaglandines en gel ou en dispositif vaginal, ballonnet intracervical) puis par une rupture artificielle des membranes et une perfusion d'ocytocine. Le déroulement complet est décrit sur Déclenchement de l'accouchement.
  4. La discussion des alternatives Un refus de déclenchement s'entend et se discute ; il implique alors une surveillance renforcée et une information claire sur les risques, tracée dans le dossier.

Comment se déroule un déclenchement en pratique

Le déroulement dépend d'abord de l'état du col, évalué par le score de Bishop. Avec un col déjà mûr, une simple rupture artificielle de la poche des eaux, parfois complétée par une perfusion d'ocytocine, suffit à lancer le travail en quelques heures. Avec un col long, fermé et postérieur, il faut d'abord une phase de maturation : gel ou dispositif de prostaglandines placé dans le vagin, ou ballonnet gonflé au niveau du col, laissé en place plusieurs heures. Cette phase peut durer une journée entière, parfois deux, et se déroule le plus souvent en hospitalisation avec des monitorings réguliers.

Ce que cela implique pour vous : une arrivée programmée, une attente parfois longue avant que le travail ne soit réellement installé, et la possibilité que le début du processus ne ressemble pas encore à un accouchement. Les contractions déclenchées peuvent être intenses d'emblée ; la péridurale est accessible pendant la phase active, et vous pouvez la demander à tout moment. La mobilité reste possible entre deux enregistrements dans beaucoup de maternités : la question mérite d'être posée à l'avance.

Un déclenchement se déroule dans la grande majorité des cas comme un travail spontané, avec un accouchement par voie basse. Quand il échoue, c'est en général parce que le col ne se modifie pas malgré une maturation complète, et une césarienne est alors décidée sans urgence.

Ce que vous pouvez faire

Compter les mouvements du bébé chaque jour, à heure régulière, reste le geste le plus utile : c'est vous qui détectez le plus tôt un changement. Continuez à boire, à marcher si c'est confortable, à dormir dès que possible. Gardez la valise et le dossier accessibles, et le téléphone chargé. Notez les questions à poser lors de la prochaine surveillance : la date exacte prévue pour le déclenchement, la méthode envisagée, la durée moyenne du processus dans cette maternité, ce qui est possible en matière de mobilité et d'analgésie.

Consultez immédiatement, sans attendre le rendez-vous suivant, si les mouvements du bébé diminuent, changent de nature ou cessent ; si vous perdez du liquide, surtout s'il est teinté de vert, de marron ou de sang ; en cas de saignement, de fièvre au-dessus de 38 °C, de contractions douloureuses régulières, de maux de tête intenses avec troubles de la vue ou de douleur en barre sous les côtes. Au-delà du terme, un doute se lève par un monitoring, pas par un conseil téléphonique.

Questions fréquentes

Peut-on refuser un déclenchement à 42 SA ?

Oui : aucun acte médical ne peut être imposé. Le refus doit être éclairé, discuté avec l'équipe et noté dans le dossier, et il s'accompagne d'une surveillance renforcée. La discussion porte sur le rapport entre le bénéfice attendu du déclenchement et votre projet de naissance.

Pourquoi le terme français est-il à 41 SA et pas à 40 ?

Les deux conventions coexistent. La France retient 41 SA comme date prévue d'accouchement, plusieurs pays anglo-saxons retiennent 40 SA. La durée réelle des grossesses est la même : seule la façon de fixer la date de référence diffère, ce qui décale d'une semaine la perception du « retard ».

Un bébé né après le terme a-t-il besoin de soins particuliers ?

Le plus souvent non. Une surveillance de la glycémie et de la température est fréquente les premières heures, en particulier si le bébé a puisé dans ses réserves. La peau sèche qui pèle ne nécessite aucun traitement et disparaît en une à deux semaines.

Un déclenchement est-il plus douloureux qu'un travail spontané ?

Les contractions déclenchées par l'ocytocine peuvent être plus rapprochées et plus intenses d'emblée, sans phase de montée progressive. L'analgésie péridurale est donc proposée largement dans ce contexte, et la surveillance du rythme cardiaque fœtal est continue pendant la perfusion.

Sources : CNGOF, recommandations pour la pratique clinique sur la grossesse prolongée et le terme dépassé ; HAS, déclenchement artificiel du travail à partir de 37 semaines d'aménorrhée ; Assurance Maladie (ameli.fr), fin de grossesse ; Santé publique France, repères de suivi de la grossesse.