Est prématuré tout bébé né avant 37 SA, soit avant 35 semaines de grossesse. On distingue la prématurité tardive et moyenne, de 32 à 36 SA+6, la grande prématurité, avant 32 SA, et la très grande prématurité, avant 28 SA. Chaque semaine gagnée avant terme améliore nettement le pronostic.
Les degrés de prématurité
| Terme de naissance | Appellation | Prise en charge habituelle |
|---|---|---|
| 34 à 36 SA + 6 | Prématurité tardive | Maternité de niveau 2 le plus souvent, difficultés d'alimentation et de régulation thermique, hospitalisation courte |
| 32 à 33 SA + 6 | Prématurité moyenne | Néonatalogie, soutien respiratoire fréquent, alimentation par sonde |
| 28 à 31 SA + 6 | Grande prématurité | Maternité de niveau 3, soins intensifs ou réanimation néonatale, plusieurs semaines d'hospitalisation |
| Avant 28 SA | Très grande prématurité | Réanimation néonatale, séjour de plusieurs mois, suivi prolongé |
La limite de viabilité se situe autour de 24 SA, avec une prise en charge discutée au cas par cas entre 22 et 25 SA, en concertation avec les parents. Le niveau de la maternité conditionne beaucoup, d'où l'importance des transferts avant la naissance, expliqués sur la page consacrée aux niveaux de maternité.
Prématurité spontanée et prématurité décidée
Une naissance avant terme se produit de deux façons. Dans la première, le travail se déclenche seul ou les membranes se rompent : c'est la prématurité spontanée, souvent précédée d'une menace d'accouchement prématuré. Dans la seconde, l'équipe décide de faire naître le bébé parce que poursuivre la grossesse devient plus risqué que la naissance : c'est la prématurité induite, dans les cas de pré-éclampsie, de retard de croissance sévère, d'hématome rétroplacentaire ou d'hémorragie sur un placenta bas inséré. Ces deux mécanismes représentent chacun une part importante des naissances prématurées.
Ce qui augmente le risque
- Un antécédent d'accouchement prématuré ou de fausse couche tardive, facteur le plus prédictif.
- Une grossesse multiple : la grossesse gémellaire accouche fréquemment avant terme.
- Les infections : infection urinaire, infection vaginale, infection des membranes.
- Le tabac, dont l'arrêt réduit le risque à tout stade de la grossesse.
- Les anomalies utérines, l'antécédent de conisation du col, l'excès ou le défaut de liquide amniotique.
- Les conditions de vie et de travail : pénibilité, station debout prolongée, longs trajets quotidiens, précarité, absence de suivi.
Une part des naissances prématurées survient sans aucun facteur identifié, chez des femmes dont la grossesse se déroulait parfaitement.
Ce qui protège réellement
Trois mesures ont un effet démontré. La première est le dépistage et le traitement des infections, notamment urinaires, par bandelette à chaque consultation prénatale. La deuxième est l'arrêt du tabac, bénéfique même tardivement. La troisième est la corticothérapie de maturation pulmonaire, administrée à la mère entre 24 et 34 SA quand la naissance est probable dans les jours qui suivent : deux injections à 24 heures d'intervalle qui réduisent nettement la détresse respiratoire du nouveau-né. La progestérone vaginale et le cerclage du col relèvent d'indications précises, chez des femmes ayant un col court ou des antécédents évocateurs. À l'inverse, l'alitement systématique n'a jamais fait la preuve d'un bénéfice, tandis qu'une activité physique modérée reste possible, comme le décrit la page sur le sport pendant la grossesse.
Le devenir des bébés prématurés
Parmi les complications réunies sur le hub santé et complications, la prématurité est celle dont le pronostic dépend le plus du terme et du poids de naissance. Après 34 SA, la plupart des bébés n'ont que des difficultés transitoires d'alimentation, de température et parfois d'ictère, et rentrent à la maison en une à deux semaines. Entre 28 et 32 SA, la survie est très élevée dans les pays disposant d'une réanimation néonatale, avec un séjour de plusieurs semaines et un risque de complications respiratoires, digestives et neurologiques qui décroît avec le terme. Avant 28 SA, la survie reste possible mais s'accompagne d'un risque plus élevé de séquelles, ce qui justifie un suivi neurodéveloppemental prolongé pendant l'enfance. Les premiers jours en néonatalogie, le peau-à-peau, l'alimentation et le rôle des parents sont décrits sur la page consacrée au bébé prématuré.
Ce que vivent les parents
Une naissance avant terme interrompt brutalement la préparation psychique de la fin de grossesse, souvent avant même que la valise de maternité soit prête. Les parents décrivent un mélange de sidération, de culpabilité et d'inquiétude, entretenu par la séparation physique avec le bébé. Les unités de néonatalogie organisent des visites sans limite d'horaire pour les parents, le peau-à-peau dès que l'état du bébé le permet et un accompagnement psychologique. La culpabilité maternelle est fréquente et rarement fondée : dans la majorité des cas, aucun comportement n'explique la naissance prématurée. Un soutien psychologique se demande sans attendre, et les ressources décrites sur la page sur l'anxiété restent valables après la naissance.
Contactez la maternité immédiatement avant 37 SA devant des contractions régulières et douloureuses persistant plus d'une heure, une perte de liquide même minime, des saignements, une pesanteur pelvienne inhabituelle, une fièvre au-dessus de 38 °C, des brûlures urinaires ou des pertes malodorantes. Appelez le 15 si les contractions sont très rapprochées, si vous avez une envie de pousser, si le bébé bouge nettement moins ou si vous perdez du sang en quantité. Ces heures gagnées permettent d'administrer les corticoïdes et d'organiser un transfert.
Questions fréquentes
À partir de quel terme un bébé est-il considéré à terme ?
À partir de 37 SA. Le terme théorique reste 41 SA, et la période dite « à terme » couvre les semaines intermédiaires, détaillées sur la page du troisième trimestre.
Un accouchement prématuré se répète-t-il ?
Le risque de récidive est plus élevé, sans être la règle. Une consultation avant la grossesse suivante permet de rechercher une cause corrigeable et d'organiser un suivi rapproché, avec mesure régulière du col.
Les corticoïdes ont-ils un risque pour le bébé ?
Ce traitement, administré sur deux jours entre 24 et 34 SA, a un bénéfice largement supérieur à ses inconvénients quand la naissance est probable. Il ne s'agit pas d'un traitement prolongé et il n'est pas répété systématiquement.
Peut-on allaiter un bébé prématuré ?
Oui, et le lait maternel est particulièrement bénéfique pour ces bébés. L'allaitement commence souvent par du tirage de lait, le temps que la succion se mette en place, avec l'aide de l'équipe et des ressources décrites sur la page sur le début de l'allaitement.
Sources : Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) ; Haute Autorité de santé ; Santé publique France, enquête nationale périnatale ; Assurance Maladie (ameli.fr).