Clampage du cordon et sang de cordon

Le clampage tardif est devenu la pratique de référence quand le nouveau-né va bien : une minute d'attente change ses réserves en fer.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Quand l'état du nouveau-né le permet, le cordon est clampé au moins une minute après la naissance. Ce délai laisse passer un volume de sang supplémentaire vers le bébé et améliore ses réserves en fer pour les premiers mois. Si le bébé a besoin d'être pris en charge immédiatement, le clampage est fait sans attendre.

À quoi sert le cordon jusqu'à la naissance

Le cordon ombilical relie le fœtus au placenta. Il mesure en moyenne 50 à 60 cm à terme et contient trois vaisseaux : deux artères qui ramènent le sang du fœtus vers le placenta et une veine qui apporte au fœtus le sang oxygéné et les nutriments. Le tout est protégé par la gelée de Wharton, une gaine gélatineuse qui évite que le cordon ne se plicature.

À la naissance, la respiration prend le relais : les poumons se déplissent, la circulation change de régime et le cordon cesse progressivement de battre. Le clampage n'interrompt donc pas brutalement une fonction vitale, il ferme un circuit en train de s'éteindre.

Clampage tardif : ce que change une minute

Pendant la première minute suivant la naissance, le sang contenu dans le placenta continue de passer vers le bébé. Ce transfert représente un volume significatif de la masse sanguine du nouveau-né. Attendre au moins une minute, ou attendre l'arrêt des pulsations du cordon, apporte des bénéfices mesurés.

SituationPratique recommandéeBénéfice attendu
Nouveau-né à terme en bon étatClampage à au moins 1 minuteHémoglobine plus élevée, meilleures réserves en fer à 3 à 6 mois
Nouveau-né prématuré stableClampage différé selon protocole du serviceMoins de transfusions, moins d'hémorragies intraventriculaires
Nouveau-né nécessitant une réanimationClampage immédiatPriorité à la prise en charge respiratoire
Hémorragie maternelle, décollement placentaireClampage immédiatSécurité de la mère et de l'enfant
Césarienne programmée sans urgenceClampage différé possibleMêmes bénéfices, selon organisation du bloc

Le principal effet indésirable identifié est une élévation un peu plus fréquente de la bilirubine, donc un ictère du nouveau-né susceptible de nécessiter une photothérapie. Cet ictère est bénin et surveillé en maternité. La balance reste nettement favorable au clampage tardif chez l'enfant qui va bien, et davantage encore chez le bébé prématuré, pour qui le délai réduit le recours aux transfusions. Le bénéfice sur les réserves en fer compte particulièrement quand la mère présentait une anémie pendant la grossesse.

Le clampage tardif est compatible avec le peau à peau : le bébé est posé sur sa mère, cordon encore en place, pendant que l'équipe surveille sa coloration et sa respiration. Il n'empêche pas non plus la première mise au sein, ni ne retarde la délivrance du placenta.

Couper le cordon : qui, quand, comment

Le cordon est d'abord pincé par deux clamps, puis sectionné entre les deux avec des ciseaux. Le geste ne fait mal ni à la mère ni au bébé : le cordon ne contient aucune terminaison nerveuse.

Dans la plupart des maternités françaises, le second parent peut couper le cordon s'il le souhaite. La sage-femme guide la main, indique où couper et donne le rythme ; le cordon est plus résistant qu'on ne l'imagine et demande une pression ferme. Ce geste est une proposition, jamais une obligation : le refuser n'a aucune conséquence, et beaucoup de parents préfèrent regarder. Le souhait peut être noté à l'avance dans le projet de naissance, au même titre que la demande de clampage tardif.

Un peu de sang est prélevé au niveau du cordon après la section. Il sert à déterminer le groupe sanguin de l'enfant et à mesurer le pH, reflet de la tolérance du bébé au travail. Chez une mère de rhésus négatif, ce prélèvement conditionne l'injection d'immunoglobulines anti-D après la naissance.

Le sang de cordon : don en France, conservation privée interdite

Le sang qui reste dans le placenta et le cordon après le clampage est riche en cellules souches hématopoïétiques. Greffées, ces cellules peuvent reconstituer la moelle osseuse d'un patient atteint de leucémie ou d'une autre maladie grave du sang.

En France, deux règles encadrent ce sujet.

  • Le don allogénique est possible, gratuit et anonyme, dans les maternités habilitées par le réseau français de sang placentaire, sous l'égide de l'Agence de la biomédecine. Le prélèvement se fait après la naissance et le clampage, sans aucun geste sur le bébé ni sur la mère. Il suppose un consentement écrit recueilli pendant la grossesse, un entretien médical et des sérologies. Toutes les maternités ne sont pas habilitées : la question se pose auprès de l'équipe lors de l'inscription.
  • La conservation privée à usage personnel n'est pas autorisée en France. Stocker le sang de cordon de son enfant dans une banque commerciale pour un éventuel usage familial futur est contraire aux principes de non-patrimonialité du corps humain inscrits dans la loi de bioéthique. Des sociétés étrangères démarchent des familles françaises : leur intérêt médical réel est très faible, la probabilité d'utiliser un jour son propre greffon étant minime, et de nombreuses indications interdisent justement d'utiliser ses propres cellules.

Une exception existe : la conservation dirigée, à titre familial, lorsqu'un frère ou une sœur est atteint d'une maladie susceptible de bénéficier d'une greffe. Elle est décidée par une équipe hospitalière, jamais à la demande.

Le cordon après la naissance : soins et chute

Il reste au nombril du bébé un moignon de quelques centimètres, maintenu par un clamp retiré après un ou deux jours. Il se dessèche, noircit, puis tombe seul, généralement entre le cinquième et le quinzième jour.

  1. Chaque jour, une fois Nettoyez la base du cordon à l'eau et au savon doux, ou au sérum physiologique, y compris dans le pli entre le moignon et la peau.
  2. Séchez soigneusement Avec une compresse propre. Un cordon sec tombe plus vite qu'un cordon humide ou couvert.
  3. Laissez-le à l'air Rabattez le haut de la couche sous le nombril. Les compresses serrées et les bandages ne sont plus recommandés.
  4. Après la chute Un léger suintement ou une croûte est banal pendant quelques jours. Poursuivez le nettoyage jusqu'à cicatrisation complète.

L'antiseptique n'est plus systématique dans les maternités françaises ; suivez le protocole indiqué à la sortie. Le reste des gestes des premiers jours est détaillé sur la page consacrée aux premières semaines et dans la rubrique accouchement.

Consultez si la peau autour du nombril devient rouge, chaude, indurée ou gonflée, si le cordon dégage une odeur nauséabonde, s'il suinte du pus, s'il saigne autrement que par quelques gouttes, si le bébé a de la fièvre, refuse de téter ou devient anormalement mou. Une infection du cordon, l'omphalite, évolue vite chez le nouveau-né et impose un avis le jour même.

Questions fréquentes

Le clampage tardif est-il possible après une césarienne ?

Oui lorsque la césarienne est programmée et que la mère comme l'enfant vont bien : le bébé est maintenu à hauteur du champ opératoire pendant une minute avant la section. En cas de césarienne en urgence ou d'hémorragie maternelle, le clampage est immédiat.

Couper le cordon fait-il mal au bébé ?

Non. Le cordon ne contient pas de fibres nerveuses sensitives, ni du côté du bébé ni du côté maternel. Le nouveau-né ne ressent rien au moment de la section, et le moignon qui sèche n'est pas douloureux non plus.

Peut-on faire conserver le sang de cordon de son bébé en France ?

Pas pour un usage personnel : la loi de bioéthique ne l'autorise pas. Seuls le don anonyme et gratuit à une banque publique, dans une maternité habilitée, et la conservation dirigée décidée par une équipe médicale pour un frère ou une sœur malade sont possibles.

Quand le cordon tombe-t-il et que faire ensuite ?

Entre 5 et 15 jours en moyenne, parfois un peu plus tard. Après la chute, un suintement clair ou sanglant pendant quelques jours est banal ; continuez le nettoyage à l'eau et au savon puis le séchage jusqu'à ce que le nombril soit sec.

Faut-il refuser le clampage si l'on souhaite donner le sang de cordon ?

Non. Le prélèvement se fait après le clampage, sur le placenta et le cordon restants. Le clampage tardif réduit un peu le volume recueilli, sans empêcher le don : la priorité reste le bénéfice pour le nouveau-né.

Sources : HAS, accouchement normal ; CNGOF, recommandations pour la pratique clinique ; Agence de la biomédecine, don de sang placentaire ; Assurance Maladie (ameli.fr), soins du nouveau-né ; Organisation mondiale de la santé, recommandations sur le clampage du cordon.