En France, l'assistance médicale à la procréation est prise en charge à 100 % jusqu'au 43e anniversaire de la femme, dans la limite de 6 inséminations et de 4 tentatives de fécondation in vitro avec transfert d'embryon. Le parcours est ouvert aux couples hétérosexuels, aux couples de femmes et aux femmes non mariées depuis 2021.
Les techniques et leurs indications
| Technique | Principe | Indication principale |
|---|---|---|
| Stimulation simple | Induction de l'ovulation, rapports programmés | Trouble de l'ovulation isolé |
| Insémination intra-utérine | Sperme préparé déposé dans l'utérus au moment de l'ovulation | Anomalie modérée du sperme, glaire hostile, infertilité inexpliquée |
| Fécondation in vitro classique | Ovocytes et spermatozoïdes mis en contact au laboratoire | Trompes atteintes, échec d'insémination, endométriose |
| FIV avec ICSI | Un spermatozoïde injecté directement dans l'ovocyte | Anomalie sévère du sperme, échec de fécondation |
| Don de gamètes ou accueil d'embryon | Ovocytes, spermatozoïdes ou embryons issus d'un don | Absence de gamètes utilisables, maladie transmissible |
| Préservation de la fertilité | Congélation d'ovocytes ou de spermatozoïdes | Avant un traitement gonadotoxique, ou à titre personnel selon les conditions légales |
Le choix se fait à partir du bilan décrit sur la page consacrée à l'exploration de l'infertilité : l'insémination suppose des trompes perméables et un sperme suffisant, la FIV les contourne, l'ICSI franchit une barrière supplémentaire.
Le déroulement d'une tentative de FIV
- Stimulation ovarienne Injections quotidiennes pendant une dizaine de jours pour faire mûrir plusieurs follicules au lieu d'un seul.
- Monitorage Échographies et prises de sang rapprochées, tous les deux à trois jours, pour ajuster les doses et repérer le bon moment.
- Déclenchement Une injection programme la maturation finale des ovocytes, la ponction ayant lieu à un horaire précis, généralement 34 à 36 heures plus tard.
- Ponction ovocytaire Sous anesthésie locale ou générale, par voie vaginale échoguidée, en hôpital de jour. Le recueil de sperme a lieu le même jour.
- Fécondation au laboratoire Mise en contact ou micro-injection, puis culture des embryons pendant deux à six jours.
- Transfert Un embryon est déposé dans l'utérus, geste indolore et sans anesthésie. Le transfert d'un seul embryon est privilégié pour éviter les grossesses multiples.
- Congélation Les embryons surnuméraires de bonne qualité sont vitrifiés pour des transferts ultérieurs, sans nouvelle stimulation.
- Test de grossesse Par prise de sang, environ douze jours après le transfert.
La prise en charge financière et les conditions
Les actes d'assistance médicale à la procréation sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, au titre d'une demande d'entente préalable, jusqu'au 43e anniversaire de la femme. Les limites portent sur le nombre : six inséminations intra-utérines, et quatre tentatives de fécondation in vitro suivies d'un transfert d'embryon. Un compteur est remis à zéro après un accouchement.
Ce remboursement couvre les consultations, les examens, les médicaments de stimulation, la ponction et les gestes de laboratoire. Restent à la charge du couple certains dépassements d'honoraires et des frais annexes selon le centre. Le recours au don de gamètes suit un circuit propre : le don est gratuit et anonyme, et les délais d'attente, en particulier pour le don d'ovocytes, se comptent souvent en mois voire davantage selon les centres.
Depuis la loi de bioéthique de 2021, l'accès est ouvert aux couples de femmes et aux femmes non mariées, avec un consentement recueilli devant notaire pour l'établissement de la filiation. Les enfants nés d'un don peuvent, à leur majorité, accéder à l'identité du donneur.
Les résultats et ce qui les détermine
Les taux de succès sont publiés chaque année par l'Agence de la biomédecine. Le facteur le plus déterminant est l'âge de la femme : les chances d'accouchement par tentative sont maximales avant 35 ans, diminuent nettement après 38 ans et deviennent faibles au-delà de 42 ans, la limite de prise en charge étant fixée au 43e anniversaire. Interviennent aussi la cause de l'infertilité, la réserve ovarienne, le nombre d'embryons obtenus et le tabagisme des deux partenaires.
Les tentatives se cumulent : les chances d'obtenir une grossesse augmentent avec le nombre de transferts, embryons congelés compris, ce qui explique que les résultats soient toujours donnés par tentative et non par parcours. Ce mode de calcul est aussi celui qui permet de comparer les centres sans se méprendre.
Quand une grossesse débute, la datation ne se fait pas sur les dernières règles mais sur la date de ponction ou de transfert : le calcul est expliqué sur la page consacrée au calcul de grossesse après FIV. Le transfert d'un seul embryon limite le risque de grossesse gémellaire, qui reste plus fréquent qu'après une conception spontanée.
Vivre le parcours
Un parcours de PMA occupe le calendrier : rendez-vous très matinaux, injections quotidiennes, attentes de résultats, absences répétées au travail. La loi prévoit des autorisations d'absence pour les actes médicaux nécessaires, pour la personne concernée comme, dans une certaine limite, pour son partenaire.
Les centres disposent de psychologues et l'accompagnement fait partie du parcours, pas d'un aveu de faiblesse. Les causes spécifiques comme le syndrome des ovaires polykystiques, qui expose à un risque d'hyperstimulation nécessitant des protocoles adaptés, ou l'endométriose, font l'objet de pages dédiées dans la rubrique projet d'enfant. Les mesures de base gardent leur valeur : arrêt du tabac, acide folique, bilan préconceptionnel.
Consultez en urgence pendant une stimulation en cas de douleurs abdominales intenses, de ballonnement rapide, de prise de poids brutale, de nausées avec vomissements, de difficulté à respirer ou de diminution des urines : ces signes évoquent un syndrome d'hyperstimulation ovarienne. Après un transfert, des douleurs latéralisées avec saignements imposent d'éliminer une grossesse extra-utérine.
Questions fréquentes
Jusqu'à quel âge la PMA est-elle remboursée en France ?
Jusqu'au 43e anniversaire de la femme, dans la limite de 6 inséminations et de 4 fécondations in vitro avec transfert. Le compteur repart à zéro après un accouchement.
Combien de temps dure une tentative de FIV ?
Environ trois à six semaines entre le début de la stimulation et le test de grossesse, dont une dizaine de jours d'injections. À cela s'ajoutent les délais d'accès au centre et de constitution du dossier, qui se comptent souvent en mois.
La FIV est-elle douloureuse ?
Les injections sont sous-cutanées et peu douloureuses. La ponction ovocytaire se fait sous anesthésie locale ou générale et provoque ensuite des douleurs comparables à des règles pendant un à deux jours. Le transfert d'embryon est indolore.
Les couples de femmes ont-ils accès à la PMA ?
Oui, depuis la loi de bioéthique de 2021, comme les femmes non mariées. L'accès se fait avec don de spermatozoïdes, et la filiation est établie par une reconnaissance conjointe anticipée devant notaire.
Que deviennent les embryons congelés non utilisés ?
Le couple est consulté chaque année sur leur devenir : poursuite de la conservation, accueil par un autre couple, don à la recherche ou arrêt de la conservation. Aucune décision n'est prise sans consentement écrit.
Sources : Agence de la biomédecine, rapport annuel sur l'assistance médicale à la procréation ; loi de bioéthique du 2 août 2021 ; Assurance Maladie (ameli.fr), prise en charge de l'AMP ; HAS, prise en charge du couple infertile ; CNGOF.